La ministre fédérale de l'Immigration Lena Metlege Diab a annoncé un investissement de 860 000 $ pour attirer et retenir les francophones dans les Territoires du Nord-Ouest du Canada

Résumé de l'article
Les Territoires du Nord-Ouest, avec l’appui de Lena Metlege Diab et un financement d’environ 860 000 $, veulent attirer et retenir davantage de francophones déjà au Canada. Ottawa vise désormais 9% d’immigration francophone .
Les Territoires du Nord-Ouest passent à l’offensive pour attirer des immigrants francophones déjà installés au pays. Leur objectif est clair : répondre à des besoins de main-d’œuvre tout en consolidant la présence du français dans un territoire où les communautés francophones jouent un rôle essentiel dans la vie économique, sociale et culturelle.
Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique plus large. En 2025, le Canada a atteint 8,9% d’admissions de résidents permanents d’expression française hors Québec, au-delà de la cible de 8,5%. Pour 2026, Ottawa vise 9%, puis 9,5% en 2027 et 10,5% en 2028, ce qui confirme que l’immigration francophone est devenue un axe prioritaire de la politique fédérale.
Une annonce appuyée par Ottawa
Le 7 juillet 2026, l’honorable Lena Metlege Diab, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, a annoncé un investissement d’environ 860 000 dollars pour soutenir un nouveau projet financé dans le cadre du Programme d’appui à l’immigration francophone. Ce projet vise à améliorer la rétention et l’intégration des immigrants francophones et bilingues aux Territoires du Nord-Ouest.
Le gouvernement fédéral rappelle aussi que cette politique repose sur des moyens financiers concrets. Ottawa investit 25 millions de dollars sur 5 ans dans le Centre d’innovation en immigration francophone, dans le cadre du Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028. À ce jour, 21 projets ont déjà reçu un financement totalisant environ 16,6 millions de dollars pour augmenter les admissions de talents francophones et bilingues et appuyer les communautés en situation minoritaire.
Pourquoi les TNO misent sur les francophones
Au-delà des chiffres, la logique est simple : les Territoires du Nord-Ouest cherchent des travailleurs qualifiés et veulent éviter que les nouveaux arrivants repartent trop vite. Le territoire a déjà mis en place un volet francophone dans son Programme des candidats des Territoires du Nord-Ouest, aux côtés des volets Employeur et Entrepreneur.
Ce volet s’adresse aux candidats francophones qui ont une offre d’emploi valide aux TNO, travaillent déjà sur place ou vivent à l’étranger avec une offre d’emploi territoriale. Le but est d’attirer des profils capables de combler des besoins précis du marché du travail, tout en renforçant la vitalité de la francophonie locale.
Des résultats déjà visibles
La stratégie commence déjà à porter ses fruits. Selon des données relayées dans la presse, le programme territorial a retenu 100 personnes en 2022, 150 en 2023, puis un chiffre déjà dépassé en seulement six mois en 2024. De son côté, le ministère territorial a indiqué avoir reçu plus de 400 demandes d’informations en français en 2021-2022, signe d’un intérêt croissant pour le territoire.
Les TNO ne partent pas de zéro. Yellowknife a aussi été choisie en 2019 comme 14e et dernière communauté francophone accueillante du pays, dans le cadre d’une initiative fédérale de 12,6 millions de dollars sur 3 ans destinée à faciliter l’intégration des nouveaux arrivants francophones. Cette base communautaire donne aux TNO un avantage pour accueillir, accompagner et retenir ces nouveaux résidents.
Un territoire attractif, mais exigeant
Le Grand Nord attire par ses salaires, ses possibilités d’emploi et son dynamisme, mais il impose aussi des contraintes fortes. Les études récentes montrent que les obstacles à la rétention restent importants, notamment le coût de la vie, la crise du logement, la place dominante de l’anglais et la difficulté d’accès à certains services. Autrement dit, convaincre de venir est une chose, faire rester les gens en est une autre.
C’est justement pour cela que les autorités misent autant sur l’intégration. Le territoire veut que les francophones ne soient pas seulement de passage, mais qu’ils s’y installent durablement, participent à la vie locale et renforcent les services disponibles en français.
Un enjeu politique et linguistique
L’enjeu dépasse largement la seule question de l’emploi. En soutenant l’immigration francophone, Ottawa cherche aussi à préserver la présence du français dans les provinces et territoires où il est minoritaire. Les Territoires du Nord-Ouest s’inscrivent donc dans une politique nationale plus large, qui associe immigration, développement économique et protection de la diversité linguistique.
Pour madame la ministre Lena Metlege Diab, ce type d’initiative est central : il permet à la fois d’appuyer les communautés francophones et de répondre aux besoins du marché du travail. Dans les faits, les TNO deviennent ainsi un laboratoire concret de cette stratégie fédérale.
Conclusion
Les Territoires du Nord-Ouest veulent clairement devenir plus qu’une destination d’aventure : ils cherchent à s’imposer comme une terre d’accueil durable pour les francophones déjà au Canada. Avec des financements, des objectifs chiffrés et un appui politique affirmé, le territoire tente de transformer un besoin de main-d’œuvre en opportunité d’installation et de croissance pour sa communauté francophone.
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